Ce n’est pas parce qu’il est invisible que ça ne compte pas ! Bien au contraire !
Il est pourtant souvent négligé, plus grave on constate des anomalies dans des installations pourtant pas si anciennes.
- “Il”, c’est le plan électrique.
Il est pourtant le lien entre nos mouvements et notre environnement. A ce titre, il conditionne l’ergonomie, l’accessibilité et la sécurité de nos espaces qu’ils soient résidentiels ou professionnels. Et sans une réflexion poussée, il peut vite compliquer le quotidien ou même rendre l’intérieur hostile.
Un plan électrique approximatif générera des crispations, des pertes de temps. Plus inquiétant, il provoquera des pannes, des coupures de courant et jusqu’à des départs de feu.
- Au commencement était la norme. En France, il s’agit de la NFC 15-100 et ses 21 prescriptions.
Un circuit mis à la terre, des interrupteurs différentiels calibrés, le respect de hauteurs ou de volumes de protection dans certaines pièces techniques (la salle de bain plus particulièrement).
C’est d’autant plus critique qu’un plan électrique improvisé incite à des pratiques dangereuses : telles que l’utilisation de multiprises surchargées, pire des multiprises (sur)sollicitées pour des appareils censés être sur circuits dédiés !
Au mieux ça disjoncte, au pire…
L’enjeu vous le comprenez est la sécurité des usagers. On ne plaisante pas avec la sécurité. Alors on ne s’improvise pas électricien, et on ignore les conseils “faits-maisons” des voisins. On sollicite un électricien à la réputation solide, couvert par une assurance décennale et qui s’engage à respecter la NFC 15-100 sur ses devis!
Mais la norme NFC 15-100 rappelle aussi les hauteurs de pose de l’appareillage préconisées par la Réglementation sur l’accessibilité dans les intérieurs (entre 0,90m et 1,30m), ou la quantité de prises à prévoir par type de pièce et selon leur volume -par exemple.
L’enjeu cette fois est le confort de tous. C’est important pour votre chez vous bien sûr, mais plus encore dans un ERP (Etablissement Recevant du Public, commerce, cabinet médical ou restaurant…) où le confort de tous n’est plus accessoire, mais bien obligatoire!
-ça aussi ça pourrait faire l’objet d’un article. Intéressés ?
- Le secret ? L’anticipation, l’analyse besoin et la connaissance des bonnes pratiques.
“On a jamais assez de prises dans une cuisine” vous dit votre maman ? Ecoutez-là !
Ce qui était vrai hier est devenu archi-vrai aujourd’hui ! Les smartphones évidemment, les robots de cuisine et la tablette pour afficher la recette, un casque ou une montre connectée … réclament des branchements en quantité suffisante.
Et c’est la même chose dans vos commerces, votre caisse connectée, les TPE , les baffles pour la musique d’ambiance, la box internet, des caméras et équipements de sécurité, un ventilateur…
Une prise oubliée, c’est un fil en permanence en travers de la pièce…
Bien entendu aujourd’hui on pensera aux prises USB/USBC pour s’épargner les blocs chargeurs, aux prises RJ45 pour la performance réseau.
La réflexion doit également porter sur l’éclairage. En allant plus loin que la multiplication des points lumineux.
On cherche à construire une scène, imaginer une atmosphère et accompagner les routines. La lumière ne se contente pas d’éclairer, elle structure les volumes, met en relief les textures, dirige le regard. Général, d’ambiance d’accentuation ou fonctionnel ? Comment les orchestrer ? Quelle température (kelvin), quelle intensité (lux)...
Dans un commerce, l’éclairage devient stratégique en ce qu’il joue un rôle central dans l’expérience client. L’éclairage général assure le confort visuel et accompagne les déplacements. L’éclairage fonctionnel, centré sur les zones de travail ou de caisse facilite le quotidien des équipes quand l’éclairage d’accentuation met en scène les produits, crée des points d’attractivité et oriente subtilement le regard vers les nouveautés mises en scène.
Ça requiert un audit à 360°. Et c’est là qu’il est important de savoir déléguer. Appuyez-vous sur votre Archi d’intérieurs !
- Ma méthode: L’écoute et la “promenade active” (virtuelle ou non) avec mes clients dans (futur) foyer ou commerce. Ensemble, nous identifions les usages et les usagers de chaque espace. Nous listons les appareils électriques, les besoins et les habitudes. Puis nous “air”-mimons les déplacements (j’entre, j’allume-je traverse-j’éteins-etc., le client commande, j’enregistre, j’actionne, j’encaisse).
On s’imagine souvent à tort qu’il suffira d’ajouter une prise ou un interrupteur plus tard au besoin. D’un point de vue technique c’est effectivement assez simple et le coût unitaire d’une prise ou d’un interrupteur reste mineur.
Mais quid des coûts cachés ? Je ne parle pas de la pose, mais des saignées qui accompagneront leur encastrement, leur rebouchage (les couches d’enduit, le ponçage) et enfin la remise en peinture.
Et quand l’audit a été réalisé et que l’on est sûr de son besoin, il reste à le mettre en forme.
- Bien qu’invisible, un schéma électrique doit être ultra lisible.
Là encore, l’exercice ne s’improvise pas. La réalité d’un chantier fait que l’on n’est pas à côté de son artisan à chaque instant. La transmission de ne doit par conséquent pas laisser de place à l’erreur.
Se faire accompagner par un professionnel qui maîtrise les conventions de représentation graphique garantit une exécution conforme à ce qui avait été projeté, et facilitera les contrôles. Savoir représenter l’emplacement précis des appareillages, des prises de courant, des points lumineux et des commandes associées, des appareils spécifiques alimentés, sans oublier leur hauteur, leur orientation ou positionnement (en saillie dans un tiroir ou sur la joue du plan de travail?), mais aussi leur nature (va-et-vient ou Télérupteur?), leur voltage etc.
Un Architecte d’intérieurs est en mesure de produire un Schéma d’éclairage et d’électricité - un document technique, écrit dans une langue commune aux électriciens. Et que l’électricien en charge de la mise en œuvre pourra confirmer ou sur lequel il apportera ses recommandations.
Alors bien sûr, je prêche pour ma paroisse (me direz-vous...)!
Mais le fait est que penser son plan électrique, c’est assurer sa sécurité, son efficacité et aménager son confort sur le très long terme.
Ni technicienne, ni décoratrice : une architecte d’intérieurs est avant tout experte des usages. Et parce qu’un bon projet ne s’arrête pas aux cloisons et aux couleurs, en confier l’étude à un Architecte d’intérieurs c’est garantir la cohérence entre esthétique, sécurité et usage — autrement dit, entre technique et art de vivre (dans la lumière!).